• Les béliers Bollée

    Quelques images du musée Bollée à Saint-Jean-de-Braye ( Orléans )

    Cliquez sur les images pour les agrandir

    Merci à Mr Capelle pour ces belles photos .

     

    Enorme bélier Bolléele clapet de chocLe balancier et son contre-poidsLa pompe à airBélier en coupeLe clapet de clocheL'éolienne Bollée

     

     

     

     

     

     

    Mail de Mr Christian Bollée le 5 Avril 2020:

     

    Bonjour Mr NEBREDA

    Je me présente : Christian BOLLEE, je suis un descendant direct d’Ernest Sylvain Bollée (arrière arrière arrière petit fils).
    Son fils Ernest Jules dirigera cette partie des activités BOLLEE de 1867 à 1897. Lui même la transmettra à son fils (de la "main gauche ‘’) André LEBOEUF.
    je connaissais depuis quelques temps votre vidéo sur la conception et fonctionnement du bélier Bollée. Belle vidéo avec une visualisation en 3D très bien faite ( sur Solidworks ??)
    J’avais noté quelques points qui ne me semblaient pas exacts, et maintenant que j’ai un peu de temps (confinement oblige), je prends mon clavier.

    1) Ce que vous appelez clapet de choc est certes un clapet, Ernest Sylvain parlait plutôt de « lanterne" mais il ne faut surtout pas de choc. Vu la répétition des mouvements il serait destructeur.
    c’est pourquoi :
    - à la remontée, le haut de la lanterne entre dans une rainure légèrement plus large et l’eau qui est dedans s’échappe lentement en amortissant le choc.
    - à la redescende au niveau du guide inférieur de la lanterne vous avez de petites ouvertures par lesquelles entre et sort l’eau faisant office là aussi d’amortisseur.

    2) la surface des ouvertures du clapet était calculée en fonction de la vitesse maximale de l’eau que l’on pouvait obtenir dans la tuyauterie de batterie avant fermeture.
    et afin d’obtenir cette fermeture  sous la pression on diminuait légèrement la surface en limitant la course vers le bas avec une rondelle. La position des rondelles était différente entre les petits et gros béliers, le guidage inférieur était de conception différente.
    A préciser que le balancier n’est là que pour équilibrer le poids du clapet, il ne doit pas provoquer une fermeture prématuré du clapet et nuirait au bon fonctionnement. Les béliers qui avaient une grande longueur de batterie d’amenée d'eau en était dépourvu.

    3) le coup de bélier est un phénomène très court, il est provoqué par la fermeture de la lanterne et provoque l’ouverture du clapet de cloche, puis c’est la vitesse de l’eau qui maintient le clapet ouvert.
    Lorsque la pression de l’eau générée par la vitesse est égale à celle de l’air compressé dans la cloche, la vitesse est nulle, et c’est donc la pression de l’air qui provoque la fermeture brutale du clapet.
    Le ressort n’a pour but que de limiter l’ouverture du clapet (d’ou la vis de réglage au pied de celui ci)

    4) une chose dont vous ne parlez pas mais qui est essentielle à la marche du bélier : la fermeture du clapet de cloche provoque un mouvement arrière de l’eau dans la canalisation d’amenée et engendre une légère dépression sous la lanterne qui provoque sa descente. le cycle peut ainsi recommencer

    5) Coté de la pompe à air, sur votre dessin 3D la vis pointeau et le petit trou d’amenée d'air sont mal positionnés. Vous les mettez au niveau du piston, or Ils sont en haut de la colonnette juste avant le piston (qui est plutôt un clapet).
    Ainsi le fonctionnement de la pompe est le suivant :
    a) lorsque la lanterne est en position basse et que l’eau prend de la vitesse, l’eau monte dans la colonnette, l’air qui y est contenu y est chassé en ouvrant le clapet puis va jusqu’au pied de cloche pour se mettre juste en dessous du clapet de cloche (elle y sera introduite dans la cloche lors de l’ouverture)
    b) A l’ouverture du clapet de cloche la vitesse de l’eau augmente fortement provoquant un phénomène venturi au niveau du trou d’alimentation (diamètre max 10 mm) en eau de la colonnette, l’eau se vide en aspirant l’air, la quantité est réglée par la vis pointeau. ( ce réglage doit être fait régulièrement avec la variation de la température de l’eau : l’air se dissout plus dans une eau froide que chaude)

    6) enfin le robinet sur le flan de cloche est situé à une hauteur bien précise, en fonction de la hauteur de refoulement à obtenir (= pression d’air max en cloche)
    il est donc à la hauteur idéale, bélier au repos, de la séparation air / eau. A son ouverture on purgera le trop plein soit en eau soit en air et permet donc de régler la pompe à air
    Purge d’eau => augmenter l’air
    purge d’air => diminuer l’air

    Enfin je me réjouis que quelques personnes comme vous font vivre ces machines témoins de l’inventivité humaine.
    NB : N’oublions pas Joseph de Montgolfier dans cette histoire.

    Je reste à votre disposition si vois le souhaitez.

    Bien à vous

     

     

     

    Christian BOLLEE

     


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